Investissement immobilier à Tours : viser 3 à 4 % brut avec le bon quartier
Un investissement immobilier à Tours peut répondre à deux objectifs : obtenir un revenu locatif régulier ou constituer un patrimoine dans une ville bien reliée à Paris. Avec un prix médian de 2 857 €/m² tous biens confondus, un loyer médian de 10,9 €/m² et des rendements bruts souvent compris entre 3 % et 4 %, Tours offre un équilibre intéressant. La réussite dépend toutefois du choix du bien, du quartier et du régime de location.
Tours, un marché locatif porté par les étudiants et la mobilité professionnelle
Tours intra-muros compte 138 668 habitants, au sein d’une métropole de 299 019 habitants. La ville attire par son cadre de vie, son patrimoine, son bassin d’emploi et son université. Les 30 000 étudiants forment une clientèle importante pour les studios, les T1 et les T2 meublés. Les jeunes actifs et les ménages recherchent davantage des T2, des T3 et des appartements proches des transports.
La gare renforce cette attractivité. Paris est accessible en 51 minutes par TGV, ce qui facilite les déplacements réguliers et le télétravail de cadres liés à la région parisienne. Bordeaux est à 1 h 52, Lille à 3 heures et Lyon à 3 h 15. Cette accessibilité ne permet pas de pratiquer un loyer élevé partout, mais elle soutient la demande dans les secteurs bien desservis et pour les logements fonctionnels.
Une demande à cibler plutôt qu’un marché à généraliser
La vacance des logements atteint 10,5 % à Tours. Ce chiffre invite à ne pas acheter en supposant que tout bien se louera immédiatement. Il recouvre des situations différentes : logements anciens dégradés, biens mal placés, surfaces peu adaptées ou appartements éloignés des pôles d’études et de transport. La rentabilité dépend donc moins de la moyenne municipale que de l’adéquation entre l’adresse, l’état du logement et le budget du locataire.
Prix d’achat et loyers : les repères pour construire son budget
Dans l’ancien, le prix moyen des appartements s’établit à 2 850 €/m², contre 2 984 €/m² pour les maisons anciennes. Le neuf atteint 4 632 €/m². Cet écart doit être intégré au budget dès le départ. Un programme neuf limite souvent les travaux et offre de meilleures performances énergétiques, mais son prix d’entrée réduit le rendement brut. Dans l’ancien, le prix d’achat peut être inférieur, à condition de chiffrer précisément la rénovation, les charges de copropriété et le DPE.
| Secteur | Repère de prix | Stratégie locative cohérente |
|---|---|---|
| Halles / Cathédrale | 3 400 à 3 600 €/m² | Meublé qualitatif, pied-à-terre ou location de courte durée selon les règles applicables |
| Prébendes | 3 600 à 3 800 €/m² | Location longue durée patrimoniale, T2 ou T3 de bon standing |
| Gare | À partir de 3 700 €/m² | T2 et T3 pour actifs mobiles, en location longue durée |
| Europe / Douets-Milletière / Sainte-Radegonde | Environ 2 700 €/m² | Premier investissement, T2 récent ou ancien rénové |
| Montjoyeux | Environ 2 100 €/m² | Petites surfaces et colocation étudiante à étudier au cas par cas |
La typologie influe également sur le prix. Dans l’ancien, un studio s’affiche à 3 484 €/m² en moyenne, contre 3 099 €/m² pour un deux-pièces et 2 909 €/m² pour un trois-pièces. Les petites surfaces coûtent donc plus cher au mètre carré, mais elles bénéficient de loyers au mètre carré plus élevés : 21 €/m² pour un studio, 16 €/m² pour un T2 et 13 €/m² pour un T3.
Quel rendement locatif espérer selon le bien acheté ?
Le rendement brut se calcule ainsi : loyer annuel hors charges ÷ coût total d’acquisition × 100. Le coût total ne se limite pas au prix affiché. Il faut y ajouter les frais de notaire, les éventuels travaux, le mobilier en location meublée et, si nécessaire, les frais de financement. À Tours, viser 3 % à 4 % brut reste cohérent pour un achat équilibré entre emplacement, qualité du bien et sécurité locative.
Comprendre la fiscalité des revenus en location meublée : Découvrez les règles officielles de déclaration et d’imposition applicables aux revenus d’une location meublée non professionnelle (LMNP).
Deux cas chiffrés pour se situer
Un T2 neuf de 47 m² à Douets-Milletière, acheté 182 000 € et loué 591 € par mois, affiche une rentabilité brute de 3,8 %. À Saint-Symphorien, un T3 neuf de 55 m² acheté 235 000 € et loué 650 € par mois atteint 3,3 %. Ces deux exemples montrent le compromis du neuf : un logement récent et attractif, mais un rendement contenu par le prix d’acquisition.
La rentabilité nette est plus révélatrice. Il faut déduire la taxe foncière, les charges non récupérables, l’assurance propriétaire non occupant, l’entretien, la gestion éventuelle et une provision pour les périodes sans locataire. Un projet rentable sur le papier peut perdre son intérêt si le loyer a été surestimé ou si la copropriété prévoit des travaux importants. Le calcul doit donc intégrer les dépenses récurrentes avant toute décision.
Un logement locatif attire durablement les candidats lorsque plusieurs conditions sont réunies : un arrêt de tram ou de bus proche, un plan facile à meubler, une cuisine réellement utilisable, une bonne isolation phonique et un loyer aligné sur le quartier. À l’inverse, une faiblesse visible, comme une chambre sans rangement ou une mauvaise étiquette énergétique, peut éloigner les locataires malgré une adresse centrale. Lors de la visite, observez aussi le trajet entre la rue et la porte d’entrée. C’est le parcours que le futur locataire effectuera chaque jour.
Choisir son quartier selon son profil d’investisseur
Les Halles et la Cathédrale s’adressent plutôt à un investisseur patrimonial. Le centre historique, les commerces, les 141 monuments historiques et l’attrait touristique soutiennent la demande, notamment pour un meublé bien rénové. Le ticket d’entrée élevé incite toutefois à privilégier la qualité de l’emplacement plutôt qu’une recherche de rendement maximal.
Les Prébendes offrent une image résidentielle recherchée. Le quartier convient davantage à une détention longue, avec un T2 ou un T3 destiné à des actifs ou à un couple. Près de la gare, la location longue durée est souvent plus lisible que la location saisonnière. Les locataires mobiles y recherchent la connexion ferroviaire et les services de proximité.
Pour un premier achat, Europe, Douets-Milletière et Sainte-Radegonde permettent de contenir le budget, avec des prix proches de 2 700 €/m². Montjoyeux, autour de 2 100 €/m², peut convenir à une stratégie étudiante ou de colocation, sous réserve d’étudier les transports, la concurrence locale et l’état de l’immeuble. Une maison neuve impose généralement de s’éloigner de 10 à 15 km de Tours, pour un budget compris entre 250 000 et 300 000 €.
Ancien, neuf, location nue ou LMNP : arbitrer sans céder aux raccourcis
Le dispositif Pinel est arrêté, ce qui met fin à un mécanisme longtemps utilisé dans le neuf. Cela ne rend pas le neuf inutile. Il reste pertinent pour un investisseur qui privilégie la visibilité sur les travaux, le confort thermique et la simplicité de mise en location. D’autres cadres existent, comme le logement locatif intermédiaire, le PSLA ou le dispositif Jeanbrun, mais leur accès et leur intérêt dépendent du programme et du profil de l’acquéreur.
La location meublée pour les petites surfaces bien placées
Le statut de location meublée non professionnelle peut convenir à un studio ou à un T2 proche des campus, du centre ou de la gare. Il impose toutefois un mobilier complet, un suivi plus régulier et une rotation potentiellement plus forte. La location nue correspond davantage à une logique de stabilité, notamment pour un T3 familial. Avant de choisir, comparez les loyers réalistes, la fiscalité, le temps de gestion et la durée de détention envisagée.
Avant toute offre, vérifiez le DPE, les procès-verbaux d’assemblée générale, le montant de la taxe foncière, les charges récupérables et non récupérables, ainsi que les loyers réellement pratiqués pour des biens comparables. À Tours, le bon investissement n’est pas forcément celui qui affiche le taux brut le plus élevé. C’est celui dont le loyer, les charges et la demande locative restent cohérents sur plusieurs années.



